[44] Pour des questions contextuelles, se référer par exemple à Markus Janka, Vergils Aeneis. Dichter, Werk und Wirkung, Munich, C. H. Beck, 2021, en particulier le Chap. 3, « Ille ego qui… Die Aeneis als Hauptwerk Vergils », pp. 16-41, et le Chap. 4, « Hic vir… Augustus Caesar: Die Aeneis als Epos des augusteischen Prinzipats », pp. 41-58.
[45] Florence Dupont, Histoire littéraire de Rome : de Romulus à Ovide, une culture de la traduction, Paris, Armand Colin, 2022, p. 536. Sur l’histoire mythographique de la figure d’Enée, voir Gianpiero Scafoglio, « Le long voyage d’Enée. Comment un étranger est devenu l’ancêtre des Romains », dans Mythographie de l’étranger dans la Méditerranée ancienne, sous la direction de F. Graziani et A. Zucker, Paris, Classiques Garnier, 2018, pp. 43-69.
[46] Damien Nelis, « L’Enéide et les origines de Rome : l’épopée étiologique », dans Origines gentium, textes réunis par V. Fromentin et S. Gotteland, Pessac, Ausonius Editions, 2001, pp. 223-240 (en ligne. Consulté le 6 juillet 2026), voir § 7 : « une épopée à la fois mythologique, nationale et augustéenne » ; § 25 : « Pour Virgile, l’histoire de Rome trouve son apogée avec la refondation de Rome par Auguste. Il est évident que la question des origines de Rome était au centre du projet épique virgilien. Il fait de son épopée un récit de fondation, un récit étiologique » ; et § 36 : « L’Enéide n’est pas une épopée historique à la manière des poèmes consacrés à la vie d’Alexandre le Grand, c’est une épopée mythologique, telles l’Iliade et l’Odyssée. Chacun sait bien que l’Enéide est le récit des errances d’Enée entre Troie et le Tibre, autrement dit une Odyssée, et celui d’une guerre entre Troyens et Italiens, autrement dit, une Iliade. Il ne fait pas de doute que Virgile rivalisait avec Homère […]. Cette épopée formellement homérique contient un grand élément historique. Ce récit est obsédé par l’histoire de Rome dont il englobe l’intégralité, des origines à l’époque augustéenne ».
[47] Gian Biaggio Conte, Latin Literature: A History [1994], trad. Joseph B. Solodow, Baltimore / Londres, John Hopkins University Press, 1999, pp. 276-277. Souligner les vertus de l’un, c’est les magnifier également chez son successeur. Voir Andrew Wallace-Hadrill, « The Emperor and His Virtues », Historia. Zeitschrift für alte Geschichte, vol. XXX, n° 3, 1981, pp. 298-323, p. 317.
[48] Gian Biaggio Conte, Latin Literature, Op. cit., p. 251. Et p. 250 : « What we call Augustan ideology is certainly not the mechanical product of a ministry of propaganda that directly controls writer’s pens, it is a political-cultural cooperation in which the poets often play an active, individual role ». Voir aussi sur cette question Clifford Ando, Imperial Ideology and Provincial Loyalty in the Roman Empire, Berkeley / Londres / Los Angeles, University of California Press, 2000, en particulier pp. 22-24 ; Philippe Le Doze, « Les idéologies à Rome : les modalités du discours politique de Cicéron à Auguste », Revue historique, n° 654, 2010/2, pp. 259-289 ; et Jean-Michel Roddaz, « Auguste et la transmission du message idéologique », dans L’écriture politique du pouvoir, sous la direction d’A. Bresson, A.-M. Cocula et C. Pébarthe, Pessac, Ausonius Editions, 2005, pp. 35-44 (en ligne. Consulté le 6 juillet 2026).
[49] La rencontre amoureuse avec Didon est attestée pour la première fois dans le Bellum Punicum de Naevius : Fragmentary Republican Latin, VI. Naevius Bellum Punicum, éd. et trad. R. Maltby et N. W. Slater, Cambridge, MA, Harvard University Press, 2022, pp. 326-327.
[50] Gian Biaggio Conte, Latin Literature, Op. cit., pp. 278-279. Voir aussi Florence Dupont, Histoire littéraire de Rome, Op. cit., pp. 541-542.
[51] Damien Nelis, « L’Enéide et les origines de Rome », art. cit., § 5 : « A l’époque augustéenne, le sujet des origines de Rome était plus que jamais à l’ordre du jour. Auguste ne se présentait-il pas comme le second fondateur de la ville, comme celui qui seul était capable de la restaurer et de la remettre en contact avec ses plus anciennes traditions ? […] Auguste avait pour but de présenter en images la synthèse de deux versions mythiques des origines de Rome, celle d’Enée et celle de Romulus […] et de s’inscrire non seulement dans la ligne de cette tradition mais surtout comme celui qui la conservait et la renouvelait. Il en va de même dans l’Enéide ».
[52] Gian Biaggio Conte, Latin Literature, Op. cit., p. 283.
[53] Andrew Wallace Hadrill, Augustan Rome, Londres, Bristol Classical Press, 2000, pp. 68-70 : « The central concern of all Romans was to achieve a stable and ordered society free from chaos of civil war. […] The family was an analogy for society as a whole. […] Greek thinkers shared this analysis; but it was given an especial force in the Roman value system by their ideal of pietas, the relation of respect that should equally bind together members of the family, members of society, and man and god. Aeneas, by offering the archetype of Roman piety, […], reinforced the assumption that the salvation of society starts with the family. […] Just as his [Augustus’s] victory at Actium was far more than personal, but represented the triumph of Roman values […], and just as his own pietas could be seen in the Aeneid to be a re-enactment of Aeneas’s qualities and a model for future Romans, so his laws pointed to a way of life for which he was personally a model ».
[54] William Seston, « Le Clipeus virtutis d’Arles et la composition des Res Gestae Divi Augusti », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 98/3, 1954, pp. 286-297. Voir Andrew Wallace-Hadrill, « The Emperor and His Virtues », art. cit., en particulier pp. 300-302. Voir aussi, à propos de Tite-Live mais utile pour mieux comprendre le contexte virgilien, Bernard Mineo, « La Res publica restituta livienne : un pari sur l’avenir », dans Le Principat d’Auguste, sous la direction de F. Hurlet et B. Mineo, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, pp. 295-308, en particulier § 1 (en ligne. Consulté le 6 juillet 2026). A propos du contexte idéologique de la période, on consultera avec profit Sylvie Franchet d’Espèrey, « Les origines de Rome, leur lecture augustéenne et l’Enéide de Virgile », dans Mythes des origines, sous la direction de G. Peylet et M. Prat, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2022, pp. 179-190 (en ligne. Consulté le 6 juillet 2026). Concernant le clipeus, § 23 : « Une interprétation symbolique de cette double référence à Enée et à Romulus s’impose : Enée est le symbole de la pietas, Romulus celui de la uirtus. Or ces deux vertus sont parmi les quatre qui se trouvaient gravées sur le bouclier en or offert à Auguste par le sénat en -27 (Clipeus Virtutis) ». Pour l’importance centrale de la pietas, voir aussi Thomas Köves-Zulauf, « Virtus und Pietas », Acta Antiqua Academiae Scientiarum Hungaricae, vol. XL, n° 1-4, 2000, pp. 247-262.
[55] Bernard Mineo, « La Res publica restituta », art. cit., § 12. Enée se voit lui aussi offrir un bouclier par sa mère Vénus. Il est forgé par Vulcain et porte les représentations de l’histoire romaine jusqu’à la bataille d’Actium, de cette bataille, et en son centre d’Auguste lui-même, recevant l’hommage des peuples soumis (Enéide, VIII, vv. 625-730).
[56] Alfred Ernout et Alfred Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine. Histoire des mots, 4e éd., Paris, Klincksieck, 2001, p. 224.
