[9] Etroitement liée à l’étang et au jardin, la galerie d’Ulysse est comparable à la loggia de Bramante, construite à Rome dans l’aile est de la cour du Belvédère, pour relier les appartements homonymes à ceux du pape, ouverte sur la cour et dont la fonction de communication est identique. Voir La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, Op. cit., p. 41 ; Primatice, maître de Fontainebleau, Op. cit., p. 293. La galerie n’est pas propre à la France mais elle a pris dans ce pays une telle importance qu’elle fait figure de particularité nationale. Voir Sebastiano Serlio, Architecturae liber septimus, Francfort-sur-le-Main, A. Wechel et J. Strada, 1575, p. 56 : « […] un luogo da passagiare che in Francia si dice galeria » – « Un lieu de circulation qu’en France, on appelle galerie ». Pourvu de cheminées, « ce couloir est donc une pièce habitable, “un lieu de passage où l’on arrête”. Quelle était donc sa fonction ? Aucun texte ne le dit, mais deux choses sont sûres : la galerie est trop difficile d’accès pour être une pièce de réception, elle se situe à la suite des pièces privées ». Voir Jean Guillaume « La galerie dans le château français : place et fonction », Revue de l’Art, n° 102, 1993, p. 33. Le projet initial de celle d’Ulysse y prévoyait cinq cheminées. Voir Louis Dimier, Le Primatice, peintre, sculpteur et architecte des rois de France : Essai sur la vie et les ouvrages de cet artiste, suivi d’un catalogue raisonné de ses dessins et de ses compositions gravées, Paris, Ernest Leroux, 1900, p. 291.
[10] Sur la chronologie des travaux, voir La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, Op. cit., pp. 61-64.
[11] Dominique Cordellier, « Vie de Primatice », dans Primatice architecte, Op. cit.,p. 37.
[12] Daniele Véron-Denise indique que les travaux de décoration de la galerie reprennent à partir de 1556 et ne seront achevés que vers 1570 : D. Véron-Denise, « La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, 1541-1570 », art. cit., p. 292. Pour Dominique Cordelier, ils reprirent en 1556 et ils étaient terminés en 1561 : D. Cordellier, « Vie de Primatice », Op. cit.,p. 37. Voir aussi S. Béguin, J. Guillaume et A. Roy, La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, Op. cit., p. 63.
[13] Dès le XVIe siècle, il existe des descriptions assez complètes de la galerie. Voir Giorgio Vasari, Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, sous la direction d’A. Chastel, Paris, Berger-Levrault, 1986, t. 9, pp. 349-352 ; père Pierre Dan, Le trésor des merveilles de la maison royale de Fontainebleau…, Paris, Sebastien Cramoisy, 1642 ; Pierre Guilbert, Description historique des château bourg et forêt de Fontainebleau…, Paris, André Cailleau, 1731. Les dessins préparatoires ont été publiés par L. Dimier, Le Primatice, peintre, sculpteur et architecte des rois de France, Op. cit., pp. 423-472. Cette publication a été complétée par Myron Laskin, « Tre disegni del Primaticcio e alcune osservazioni su Fontainebleau », Arte Illustrata, 7e année, n° 59, 1974, pp. 256-263. Dès 1569, le peintre Ruggiero Ruggieri en produit dix copies. Voir S. Béguin, J. Guillaume et A. Roy, La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, Op. cit., p. 73.
[14] Les travaux d’Ulysse designez par le Sieur de saint Martin, de la façon qu’ils se voient dans la maison royale de Fontainebleau, peints pas le sieur Nicolas et gravés en cuivre par le Sieur Van Telden, avec le sujet et l’explication morale de chaque figure…, Paris, Melchior Tavernier, 1633. Des reproductions à la sanguine furent faites, probablement après 1642, par Jacques Belly (Louvre, cabinet des dessins, RF 4733). On peut citer encore l’album Palange, ainsi nommé d’après le nom inscrit sur la page de titre, qui comprend cinquante-huit dessins à la pierre noire et date probablement de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle (Londres, British Museum, Inv. 1890,1013.31). Voir S. Béguin, J. Guillaume et A. Roy, La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, Op. cit., pp. 74-76.
[15] C. Deloince-Louette et C. Vermorel, « La première Odyssée française : la galerie d’Ulysse à Fontainebleau », art. cit., pp. 77-88.
[16] Giorgio Vasari, Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, Op. cit., t. 6, p. 29 : « [...] fece una facciata dirimpetto a Messer Ulisse da Fano e similmente quella di esso Messer Ulisse, nella quale le storie che egli vi fece d’Ulisse gli diedero nome e fama grandissima ». Lorandi pense qu’il est un riche marchand alors que Renata Samperi indique qu’il est un fonctionnaire de la curie : M. Lorandi, Il mito di Ulisse nella pittura a fresco del Cinquecento italiano, Op. cit.,p. 41 ; Renata Samperi, « Les Horti Bellaiani dans le contexte des villas romaines : les rapports avec la ville, le paysage et l’Antiquité », dans Le cardinal Jean du Bellay : Diplomatie et culture dans l’Europe de la Renaissance, sous la direction de C. Michon et L. Petris, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2013, pp. 221-244.
[17] Castello est à Rome probablement vers 1540-1550 et Primatice s’y rend régulièrement à partir de 1540.
[18] Ces « galeries de laine », qui, à partir des Flandres, font leur apparition en Italie dans le deuxième tiers du XIVe siècle, constituaient un formidable décor mobile, qui réchauffait les demeures en hiver et qu’on déployait aux grandes occasions.
[19] Carlo Ridolfi, Le maraviglie dell’arte, ovvero le vite degli illustri pittori veneti e dello stato, Padoue, Tipografia e fonderia Cartallier, 1835, t. 1, pp. 162-167.
[20] Ces derniers épisodes sont décrits ensemble, car il semble que seuls huit cartons étaient déjà terminés et les autres à l’état d’étude. Voir Catherine Furlan, Il Pordenone, Milan, Electa, 1988, p. 323.
[21] S. Béguin, J. Guillaume et A. Roy, La galerie d’Ulysse à Fontainebleau, Op. cit.,p. 101. Sur le projet interrompu de Pordenone pour Ercole II d’Este, voir M. Lorandi, Il mito di Ulisse nella pittura a fresco del Cinquecento italiano, Op. cit., pp. 41-42. Cette connaissance est très probable aussi pour Giovan Battista Castello, puisque Pordenone a eu une activité importante à Gênes vers 1528, puis en 1532, pour Andrea Doria, grand amiral de l’empereur Charles Quint, pour lequel Castello a lui-même travaillé entre 1557 et 1569. Voir Giovanna Rosso Del Brenna, « Giovan Battista Castello », dans I pittori bergamaschi, éd. Banca popolare di Bergamo, Bergamo, Poligrafiche Bolis, 1976, p. 380.
[22] Né entre 1525 et 1526 – on a longtemps cru à une date plus précoce, autour de 1509 –, Castello entre très jeune en contact avec Aurelio Busso, peintre crémasque, qui l’emmène à Gênes, peut-être vers 1540. C’est un commanditaire génois important, Tobia Pallavicino, qui l’envoie à ses frais à Rome afin d’étudier les œuvres de ses aînés et où il collabore avec Pellegrino Tibaldi en 1543 et en 1544 à la décoration de la Sala Paolina au château Saint-Ange. Voir M. Lorandi, Il mito di Ulisse nella pittura a fresco del Cinquecento italiano, Op. cit.,pp. 59-63, notes 66-72 ; G. Rosso Del Brenna, « Giovan Battista Castello », art. cit., p. 379 ; G. Rosso Del Brenna, « G. B. Castello il Bergamasco nella Villa delle Peschiere », Arte Lombarda, vol. XVII, n° 3, 1972, pp. 112-113 ; Raffaelle Soprani, Le Vite de’ Pittori, Scultori e Architetti genovesi e de’ forestieri che in Genova operarono, Gênes, s.n. d’éd., 1674, pp. 38-39 et 289-290 ; Giuseppe Beltramelli, Pittori bergamaschi, Postille alle vite del Tassi [1795], Milan, Mazzini, 1969, pp. 179-180.
[23] Hugo Chapman, « A “modello” by Giovanni Battista Castello, il Bergamasco », Burlington Magazine, vol. CXXXVII, n° 1104, 1995, p. 171. On est difficilement convaincu par l’argument de Piero Boccardo et Clario Di Fabio qui considèrent que la villa des Lanzi serait postérieure à la Villa delle Peschiere, un point de vue basé sur l’existence d’un carton de Nicolosio Granello, repris par Castello pour la posture d’Ulysse dans la scène centrale. Ce carton était inspiré d’une fresque de Pordenone peinte sur la façade de la Villa del Principe d’Andrea Doria dans les années 1530. Voir Luca Cambiaso. Un maestro del Cinquecento europeo, sous la direction de P. Boccardo, F. Boggero, C. Di Fabio et L. Magnani, cat. d’exposition, Ciniselllo Balsamo, Silvana Editoriale, 2007, p. 92.
[24] En septembre 1567, il part comme peintre et architecte de la cour de Philippe II pour Madrid, où il meurt en juin 1569. Au palais royal de Madrid, Giovanni Battista Castello peignit avec des aides, pour Philippe II, un cycle aujourd’hui disparu avec quatre épisodes inspirés de l’Odyssée. Voir M. Lorandi, « Sic notus Ulixes ? », art. cit., p. 19.
